Le stationnements dans les centres-villes

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Le stationnement pénalise les centres-villes

LES CENTRES VILLES TOUCHÉS DE PLEIN FOUET PAR LA HAUSSE DU PRIX DES STATIONNEMENTS

Les centres villes souffrent déjà depuis de nombreuses années et se vident progressivement mais inexorablement de la disparition de leurs commerces de proximité. Le coup de grâce est sans nul doute la hausse des prix du stationnement entrée en vigueur ce 1er janvier 2018.

Une disposition qui va à l’encontre de la survie des centres villes

Une nouvelle appellation pour un nouveau tarif

Depuis ce début d’année, le coût du non-respect de paiement du stationnement en centre-ville est passé de 17 Euros à un « Forfait d’occupation du domaine public ». Une nouvelle appellation pour une amende qui peut aller jusqu’à 60 euros.

Une apparente bonne nouvelle

Cela semble une nouvelle disposition plutôt favorable pour les communes qui voient, depuis quelques années, les dotations de l’État diminuer considérablement sans oublier la disparition annoncée pour 2020 de la taxe d’habitation. Une baisse importante de leurs ressources que les maires pensent pouvoir en partie compenser par ce forfait destiné aux automobilistes qui ne paient pas leur stationnement. Certaines communes ont ainsi décidé de fixer ce forfait aux alentours de 35 euros.

La réalité va être douloureuse

Mais si elle semble être une bonne nouvelle, cette amende qui remplace le procès-verbal de 17 euros jusqu’à présent, risque plutôt de continuer à vider les centres villes déjà délaissés par les automobilistes. Un public qui va encore plus s’orienter vers les grandes surfaces qui ont fait de gros torts aux petits commerces et qui de plus, disposent d’immenses parkings gratuits.

Un rapport inquiétant qui démontre une situation qui ne fait qu’empirer

Le seuil critique a été dépassé

L’Institut pour la Ville et le Commerce a publié en 2017 une étude qui fait ressortir une désaffection évidente et concrète des centres villes urbains. Pour preuve, les chiffres démontraient que dans les villes de plus de 25.000 habitants ce sont plus de 11,3% d’espaces commerciaux libres. Quand on sait que le seuil critique est de 5%, les centres villes sont en danger.

L’attrait des centres villes s’est désagrégé en 15 ans

Ces mêmes villes de plus de 25.000 habitants étaient 40% à présenter en 2001 une situation plutôt favorable contre 7% en 2016. Une année au cours de laquelle ce sont 60% des villes de cette densité qui sont dans une situation très défavorable alors qu’en 2001 elles n’étaient que 10%. Les chiffres sont éloquents !

De multiples responsables à l’abandon des centres villes

Les supermarchés et le e-commerce

La construction massive des grandes surfaces dans les périphéries des villes a bien évidemment participé en grande partie à la désertification des centres villes. Des lieux où les consommateurs peuvent trouver sur place tout ce dont ils ont besoin et même au-delà. A ces supermarchés s’est ajoutée la croissance exponentielle de la vente en ligne.

Plus d’espaces de ventes que pour les commerces de proximité

Les petits commerces sont bien moins rentables que les grandes surfaces en matière d’urbanisme. En effet, la grande distribution utilise bien plus d’espaces de ventes. Des commerces qui n’engendrent pas d’emplois car il a été démontré par des spécialistes que pour un emploi créé en grandes surfaces, ce sont entre trois à cinq postes supprimés dans les commerces de proximité. Sans compter que ces supermarchés ne proposent que des contrats de travail précaires avec mi-temps ou à temps partiels et des horaires instables imposés aux salariés.

La disparition du lien social

Outre une perte d’emplois du fait de la fermeture de nombreux commerces de centres villes, c’est également le lien social qui peu à peu disparaît. Ces commerces de proximité sont des lieux de rencontre pour des habitués, un accueil personnalisé, chaleureux où l’on prend des nouvelles des uns et des autres. Une convivialité inexistante dans les supermarchés où tout est basé sur l’individualité et la performance. Faire ses achats vite, sans perdre de temps et sans contact humain. Un triste reflet de notre société.

Alors les commerces des centres villes vont-ils disparaître ?

Les maires doivent reprendre en main leur territoire

Les acteurs locaux au premier rang desquels se situe le maire, doivent impérativement se voir réapproprier leurs communes et les responsables politiques leur fournir les outils juridiques qui leur permettront de pouvoir enfin agir pour leurs villes.

Les centres villes sont l’âme de nos communes

Nombreuses sont les dispositions légales qui entravent les marges de manœuvre des élus locaux tout comme les coupes budgétaires qui ne cessent de s’accroître. Est-il possible de croire que nos dirigeants prennent conscience de cette réalité et finissent par tenir compte d’une réalité préoccupante: la désertification des centres villes qui sont l’âme de nos communes.

Les responsables des villes ont un rôle essentiel à jouer

Les villes qui augmentent les tarifs de stationnement ne font rien pour endiguer la désertification de leurs centres villes. Jamais des parcmètres ne sont installés sur les parkings des centres commerciaux c’est justement dans ces zones que se trouvent le plus grand nombre d’automobilistes. Alors Mesdames et Messieurs les élus, n’y-a-t-il pas là une conclusion évidente à en tirer ? Si vous réfléchissiez à deux fois à qui revient la charge d’alimenter les caisses de vos trésoreries…

Article rédigé par l’équipe WAPI-TPE

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